Utilisation de plaques occlusales ou plaques articulaires dentaires
- Les plaques articulaires, aussi appelées plaques occlusales ou « gouttières » par certains sont des appareils en plastique faits sur mesure en étant moulés aux dents.
- Sur quelle arcade? Elles peuvent être portées sur une des deux arcades dentaires (haut ou bas). Les patients préfèrent habituellement un plaque inférieure car elle est moins visible mais elle peut aussi fabriquée sur l’arcade dentaire supérieure. Plusieurs études ont démontré que l’une ou l’autre peut être aussi efficace si elles sont bien fabriquées et portées avec des protocoles reconnus.
- La période d’adaptation à une gouttière peut varier d’un patient à l’autre mais est habituellement assez courte. Au début, il peut y avoir une salivation accrue, de la sensibilité à quelques dents (surtout chez les personnes faisant du bruxisme important ou qui serrent les dents très fort), un inconfort musculaire aux muscles de mastication, etc. Après l’adaptation initiale, les patients peuvent rapidement parler normalement et la gouttière n’affecte que très peu ou pas du tout la phonétique. Il est mm possible de manger avec un tel appareil si nécessaire (certains protocoles recommandent un port à temps plein, même pendant les repas).
- Changement dans l’occlusion; Pour ceux qui portent une plaque occlusale ou gouttière la nuit seulement, il est normal d’avoir une façon de mordre légèrement différente le matin lorsque la gouttière est retirée. Les muscles s’étant « relâchés » pendant la nuit et l’absence d’interférences entre les dents opposées des deux arcades (à cause de la présence de la gouttière) font que la mandibule peut se déplacer légèrement ce qui entraîne des changements dans l’occlusion. Cette situation est habituellement temporaire et redevient normale peu de temps après avoir retiré la plaque.
- Déplacements dentaires. Une plaque occlusale ne devrait pas causer de déplacements dentaires mais l’occlusion ou la relation des mâchoires entre elles lors de la fermeture peut être affectée après avoir porté une gouttière un certain temps, comme illustré dans les cas de cette section. Une gouttière n’a pas de composantes actives pouvant exercer une force directionnelle sur une ou des dents permettant de les déplacer (contrairement à des appareils multi-bagues fixes (« broches ») qui eux, visent à déplacer des dents par différents moyens).
- Les plaques articulaires illustrées dans cette page sont utilisées principalement pour le traitement de divers symptômes aux articulations temporo-mandibulaires mais des plaques similaires peuvent aussi être utilisées pour :
- les cas de bruxisme et serrement de dents; le port la nuit d’une plaque peut permettre d’éviter ou minimiser l’usure des dents chez les personnes qui frottent leurs dents ensemble avec force pendant leur sommeil. Une plaque occlusale n’empêche pas et n’éliminera pas le bruxisme mais peut diminuer ses effets dommageables sur la dentition. Les « bruxeurs » portant une plaque useront du plastique plutôt que leurs dents! De plus, le port d’une plaque occlusale peut aider à soulager la tension des articulations temporo-mandibulaires et favoriser la relaxation des muscles de la mâchoire.
- pour de l’ancrage pendant un traitement d’orthodontie et diverses autres raisons.
Voici d’autres exemples de traitements à l’aide de plaques articulaires.

Femme de 24 ans se plaignant de divers symptômes aux ATMs. (A) Occlusion lors de l’examen initial. Il semble alors exister un bon engrenage entre les dents postérieures. (B) Avec la plaque articulaire en bouche, les symptômes ont diminué significativement. (C) Lorsque la plaque est enlevée, on remaque le changement « subtil » dans la position de la mandibule qui s’est replacée dans une position plus confortable vers l’avant. Dans cette nouvelle position, les dents ont très peu de contacts entre les deux arcades et il y a un moins bon engrenage postérieur. C’est cette occlusion qui devra être corrigée en orthodontie.

Femme de 33 ans avec symptômes aux ATMs. (A) Occlusion initiale; les dents se touchent à l’avant et à l’arrière. (B) Quelques semaines après le port d’une plaque articulaire, une béance est apparue entre les dents. Seules quelques dents se touchent à l’arrière. Les symptômes se sont améliorés significativement.

Femme de 42 ans se plaignant de douleurs articulaires, maux de tête et migraines occasionnelles, difficulté à ouvrir la bouche et mastiquer. Elle a déjà été traitée en orthodontie 20 ans auparavant net aussi eu une chirurgie orthognathique pour avancer la mandibule trop reculée. (B) Une première phase de traitement à l’aide d’une plaque articulaire avait pour but de tenter de « déprogrammer » la mandibule et soulager la patiente. (C) Après plusieurs mois, la majorité des symptômes ont disparus, l’occlusion est maintenant stable mais on remarque une position mandibulaire altérée avec une béance postérieure gauche et une absence de contacts stables entre les dents du coté droit. La phase corrective orthodontique vise à corriger les malpositions dentaires tout en préservant cette position de la mandibule qui est confortable

(A) Jeune femme de 26 ans se plaignant de douleurs articulaires (ATMs), céphalées et migraines depuis plusieurs années. Elle présente une malocclusion avec un engrenage inadéquat du côté droit et du chevauchement dentaire modéré. (B) 3 semaines après le port d’une plaque occlusale inférieure les céphalées ont diminuées significativement. L’épaisseur de la plaque a été augmentée pour combler l’espace qui apparaissait progressivement entre les dents à mesure que la mandibule se repositionne vers le bas et l’arrière. (C) Après 5 semaines, les symptômes sont pratiquement tous disparus mais, lorsque la plaque est enlevée (pour les photos), on remarque le changement important qui s’est produit; la mandibule s’est déplacée et il ne reste que des contacts entre les molaires. Une phase corrective en orthodontie (broches) sera nécessaire pour obtenir une occlusion permettant de maintenir la position mandibulaire révélée par la plaque et et une fonction adéquate.

(A) Jeune homme de 28 ans se plaignant de maux de tête et de migraines. Il présente une occlusion relativement bonne mais les incisives supérieures et inférieures présentent un surplomb excessif (overbite), (B) Le port d’une plaque occlusale pendant plusieurs mois a permis de soulager les symptômes. (C) Après le port de la plaque, l’occlusion révèle une toute autre relation que l’occlusion initiale. Il n’y a qu’un seul contact entre les dents antérieures (flèche) et pas de contacts postérieurs. Pendant la fonction, le patient doit donc forcer pour que les dents postérieures entrent en contact, ce qui pouvait contribuer à l’apparition de symptômes articulaires ou autres. (D) La phase orthodontique corrective permit d’optimiser la position des dents tout en gardant la position de mâchoire confortable qui fut obtenue par le port de la plaque occlusale. (E) Occlusion finale; le surplomb vertical est diminué et l’inclinaison des dents antérieures a été modifié.
➡ Pour en savoir plus sur les articulations temporo-mandibulaires, leur traitement et voir d’autres exemples d’utilisation de plaque articulaires ou occlusales (page précédente).